
Titre : I care a lot
Fiche technique : Un film de Jonathan Blakeson, avec Rosamund Pike, Dianne Wiest & Peter Dinklage. Sorti en février 2021 sur Netflix
Résumé
Marla Grayson est une tutrice réputée auprès d’individus âgés et riches. Aux dépens de ces derniers, elle mène une vie de luxe. Mais sa prochaine victime s’avère avoir de dangereux secrets. Marla va devoir utiliser son esprit et sa ruse si elle souhaite rester en vie…
Pour
L’ouverture du film laisse sur le cul : Marla (Rosamund Pike) envoie des p’tits vieux sains d’esprit dans une maison de retraite afin de les dépouiller d’absolument tout ce qu’ils possèdent ! Comment fait-elle ? A la manière de l’évasion du pognon dans des paradis fiscaux, Marla enfreint la loi au minimum, et mieux encore : elle utilise tous les rouages de la justice à son avantage. Elle se fait escorter par des policiers (qui eux sont de bonne foi) pour obliger ses victimes à l’accompagner. Les scènes au tribunal sont nombreuses, mais le juge tranche systématiquement en sa faveur. Est-il corrompu ? Même pas, et c’est pourquoi Marla continue. Le juge préfère lui accorder sa confiance par orgueil, sans quoi il serait obligé de reconnaître que ses décisions ont validé une arnaque de plus en plus grosse au fil des années, et passerait pour le roi des cons. En aval, le directeur de la maison de retraite est dans le coup, et sa mission consiste à couper les victimes de ses anciens contacts. En amont, c’est un médecin qui piétine allègrement les règles éthiques pour fournir à Marla des victimes adéquates (comprendre riches et avec quasiment pas de famille pour les protéger). Le film est choquant car cette garce utilise les institutions (médicales, judiciaires, l’EHPAD) pour écrabouiller ses victimes, tout cela avec une prise de risque calculée au millimètre. Son but ? Elle le délivre à la fin : amasser assez de fric pour être « du bon côté de la matraque » ! Une charge contre le capitalisme financier.
Contre
Dans la seconde partie, le film est un long duel entre – et c’est ce qui fait son originalité – deux personnages principaux absolument repoussants : une arnaqueuse de p’tits vieux et un parrain (Peter Dinklage). Bon, dans la vraie vie, Marla devrait mourir à la fin de sa confrontation avec le chef de la mafia… Comme on est dans une fiction et qu’il reste quarante minutes de film à combler, hop elle survit miraculeusement. Et sa petite amie en prime, tant qu’à faire. A partir de là, le scénario bascule dans la farce pas vraiment drôle, avec moult rebondissements invraisemblables. Comme si le réalisateur avait peur de nous ennuyer avec sa démonstration de mise à nue du capitalisme, et se sentait forcé de nous en mettre plein la vue. Sauf que chez moi, les scènes d’action provoquent l’inverse de la réaction escomptée : j’ai soupiré en pensant que le film aurait gagné à être plus court et cohérent.
Note : 3/5

Titre : The Tomorrow War
Fiche technique : Un film de Chris McKay, avec Chris Pratt, Yvonne Strahovski & J.K. Simmons. Sorti en juillet 2021 en VOD
Résumé
En 2051, la situation sur Terre est critique suite à une invasion d’aliens. Des militaires sont envoyés en 2022 afin de recruter de nouvelles troupes. Leur but est également de trouver, dans le passé, un moyen pour que l’humanité gagne la guerre avant même qu’elle ne commence…
Pour
Voilà un pot-pourri plutôt sympathique : on sent que le réalisateur a digéré l’ensemble des films sur les extra-terrestres, du premier Alien à nos jours. Evidemment, à force de singer les classiques, on lève un sourcil : où est la nouveauté ? Comme si le réalisateur n’avait rien à nous dire… Peut-être est-ce dû aux maisons de production hollywoodiennes qui sont souvent tyranniques et veulent limiter les risques financiers en donnant aux spectateurs ce qu’ils attendent ? Pourtant, j’ai le souvenir d’un autre film sur les aliens, un blockbuster des années 1990 qui comportait une dimension satirique jouissive : Starship Troopers. Le film était bourré d’effets spéciaux très chers, mais défendait aussi un propos très couillu. Oublions le scénario et parlons du point fort de Tomorrow War : les aliens sont franchement répugnants. Ils ressemblent à des acariens de quatre mètres de long. Je ne sais pas vous, mais quand je vois des photos d’acariens en gros plans, je me frotte les bras au cas où des bestioles se baladeraient sur moi. En comparaison, les monstres de Sans un bruit 2 peuvent aller se rhabiller ! Mais bon, Tomorrow War est le « menu Best-of » du film d’aliens : aussitôt englouti, aussitôt dans la chasse d’eau.
Contre
Comme souvent avec les films chroniqués ces temps-ci, Tomorrow War pille allègrement les codes des jeux vidéo. Cette fois, ce sont des scènes du FPS (jeu de tir en vue à la première personne) Halo qui sont calquées sur grand écran. J’ai déjà eu l’occasion de dire mon mépris pour ce genre de procédé destiné à flatter le geek qui sommeille en nous. Alors quoi, le cinéma n’est plus capable de se réinventer et appelle au secours le jeu vidéo ?
Note : 1/ 5
Le Marteau