L’appel des militaires à l’honneur

Une vingtaine de généraux accompagnés d’une centaine de hauts-gradés ont signé un appel pour un retour à l’honneur et au devoir.

Si nous revenons à De l’esprit des lois de Montesquieu, nous apprenons que la notion de l’honneur est le principe des régimes monarchiques, le principe de la république étant la vertu.

La vertu citoyenne, c’est l’engagement pour le bien public. L’honneur, c’est le mérite acquis dans la défense d’un ordre social établi. La vertu obéit à des valeurs universelles, l’honneur au pouvoir en place.

Ces militaires demandent de défendre le patriotisme. À aucun moment, ils ne parlent de république. L’universel n’est pas pour eux un idéal de la pensée mais un territoire avec des frontières.

Ils critiquent un « certain antiracisme » qui mépriserait notre pays avec ses traditions et sa culture, en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi, les traditions et l’Histoire, étant associés à la patrie, sont incritiquables. Penser, c’est pour ces intellectuels à képis arracher le passé d’un pays.

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Face à ce qu’ils décrivent comme une montée des périls et de la violence, ces militaires estiment ne pouvoir être passifs devant la situation. Que cela signifie-t-il ? Il s’agit pourtant de militaires à la retraite.

Ils demandent à Macron d’être moins laxiste dans l’application des lois. Ils citent le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Or la prudence et le courage ne sont pas des catégories qui s’opposent. La prudence relève de l’intelligence, le courage n’a de valeur que s’il est soutenu par cette même intelligence. Un courage irréfléchi est stupide, alors que la prudence permet au moins la réflexion. Une réflexion qui nécessite d’abord de savoir raisonner.

Les soldats de l’honneur concluent : «  Il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant ».

Le contraire du chaos, c’est l’ordre. La vision de l’ordre de l’armée n’est pas vraiment adaptée pour gérer un pays.

Bien qu’ils aient sous les yeux le coup d’État militaire en Birmanie qui provoque, justement, un chaos et un début de guerre civile, ces généraux croient trop à leurs idées générales, ou peut-être leur ambition de prendre le pouvoir…

Courage, patriotisme et honneur, voilà les ingrédients pour faire revenir le roi en France. Ces guerriers livrés à eux-mêmes sont décidément incapables de rester à leur place. Eux qui rêvent d’ordre font un peu désordre dans le débat actuel.

Alors, rompez !

Jean-Luc Coudray

Narration : Félix Lobo
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