Avec le temps, de petits détails insignifiants se révèlent être les symptômes de graves maux. En fin de premier confinement, l’académie française imposa le genre féminin pour COVID. Evidemment, sauf Radio-France et France Télévision si prompt à obéir le petit doigt sur la couture du pantalon, nous avons tous continué à dire le COVID.
Car après deux mois de prison avec pour seule lucarne le poste TV, et bassinés d’entendre sans cesse ce mot COVID, ce n’était pas une poignée de vieux profs cacochymes qui allaient faire la loi. Notre réaction fut à tort le dédain : cette bataille du genre annonçait d’autres malheurs.
Deux autres mots nous enquiquinent un tantinet. Geste barrière par ci geste barrière par là. Et ça fluctue ! Masque pas masque, distances qui varient, surfaces… C’est désormais à chacun d’interpréter. En plus se cache un loup, une chausse-trappe grammaticale. Précédé des pronoms les des ces aux, on entend pas si le mot geste est féminin ou masculin. Or rien à voir entre une geste et un geste. Et pour barrière, quelle oreille saurait dire la présence d’un S final ? D’une majuscule ? Nom propre ou nom commun ? Dans cette embrouille, il semblerait que notre président ait opté pour geste au féminin et Barrière comme nom propre. Pour vous en convaincre, décortiquons de récents événements.

Ce soir là, Jean Castex nous annonçait un troisième confinement, dit partiel. Pour 20 millions de veinards. Cette fois, à l’extérieur ! Dans un rayon de 10 km ou 30 km, depuis 6 heures le matin jusqu’à 19 heures le soir, en étant dûment muni d’une attestation idoine. Mais attestation valable quelques heures seulement puisque le formulaire change plusieurs fois par jour. Pour compliquer encore un peu les choses, avant ou après ces horaires, c’est couvre feu. Plus de limitations de distances, d’autres motifs, dits impérieux, et encore une autre attestation… D’éminents juristes craquent !… N’ont ils pas compris que c’était un jeu ?
Dès la fin de cette allocution, les chroniqueurs politiques étaient tous d’accord : Jean Castex avait eu raison face à Emmanuel Macron, qui lui avait perdu son pari. Ce mot, pari… Au diable statistiques, indicateurs, hauts conseils et autres comité ad oc, sachez le, sous les ors de la républiques, c’est à Chifoumi que se prennent les décisions.
Mais revenons aux gestes Barrière. Une geste est une saga, ce qui cadre avec les manies de storytelling d’un bonhomme obsédé de laisser une trace dans l’histoire. Qu’il soit rassuré, on se souviendra de lui. Quant à Barrière, pas Alain mais Lucien, ça révèle un joueur maladif. La partie en cours est en passe d’être perdue ? Qu’importe, une autre commence déjà. Ha, jouer de tout son soul !… Surtout avec l’argent des autres. En l’occurrence, le notre… Voilà qui est digne d’un ancien banquier ! Au Far-West, joueurs professionnels ou tricheurs, étaient gentiment reconduits hors de la ville, sur un rail, couverts de goudron et de plumes… Tradition dont nous devrions nous inspirer.
Pathros