La gauche de l’État

Ce que l’on observe aujourd’hui, ce n’est pas juste une perte de confiance envers le gouvernement, ni celui de Macron, ni les précédents. Il s’agit d’une véritable perte de confiance durable envers l’État tout entier, quels que soient ceux qui le personnifient.

Qui, par exemple, fait encore confiance à l’État en matière de pandémie ? Ce même État qui a méthodiquement détruit l’hôpital public depuis plusieurs décennies, qui nous a interdit de porter des masques, puis obligé d’en porter, interdit de sortir mais obligé de travailler, obligé de se vacciner mais sans fournir de vaccins…

Qui fait encore confiance à l’État en matière de lutte contre le changement climatique alors que, depuis plusieurs décennies, il ne fait que chercher comment embrouiller les indicateurs sans rien faire pour changer les habitudes des consommateurs, le comportement des industriels, ou même la publicité qui l’encourage ?

Qui fait encore confiance à l’État en matière de retraite et de services publics alors que les négociations entre syndicats, patronat et gouvernement sont devenues des farces et que, depuis plusieurs décennies, chaque réforme grignote un bout de ce qui nous reste ? Qui fait encore confiance à l’État en matière de lutte contre les inégalités, à l’heure où chaque aide sociale ou subvention peut être coupée par un ministre selon son humeur ?

Qui fait encore confiance à l’État en matière de protection de la liberté d’expression, alors qu’il se permet d’interdire les manifestations de Gilets Jaunes, de sans-papiers, contre la violence policière ou de solidarité avec la Palestine ? Ou en matière de droits humains quand la solidarité internationale de la France s’arrête là où commencent ses contrats d’armement ?

Qui fait encore confiance à l’État en matière de sécurité alors que lorsque le danger provient de ses propres flics, on n’a plus le droit de filmer ? Alors que ses moyens de surveillance et de répression prennent des proportions de plus en plus inquiétantes…

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Certains ont encore confiance : ceux qui en profitent, mais aussi ceux qui continuent de croire que la démocratie peut changer la donne, ou juste nous éviter le pire (voir chronique « L’état de la gauche »)… Certains sont résignés et désespérés, alors que d’autres se battent pour organiser la survie et la résistance, en espérant une quelconque forme de révolution…

Dror

Narration : Mélaka
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