La chanson politique  du mois

Ce n’est pas mon habitude de coller à l’actualité, mais la mort d’Anne Sylvestre nous rappelle quand même qu’elle a écrit parmi les plus beaux textes de la chanson française…

Dans sa chanson Comme Higelin, elle disait ne pas savoir « comment faire les chansons d’amour ». Il est vrai que, lorsqu’elle chantait les hommes, c’était plutôt pour les dénoncer, comme dans le cas du répugnant Dominique Strauss-Kahn, avec sa chanson Juste une femme, ou pour se moquer d’eux, avec le morceau Petit bonhomme, par exemple. Elle savait en revanche, comment célébrer les femmes, dans toute leur diversité, comme dans Une sorcière comme les autres, ou avec la grande Gulliverte.

Mais c’est aussi l’une des rares chanteuses à avoir su aborder de si belle manière des thèmes très difficiles, comme celui de l’avortement dans Non, tu n’as pas de nom, écrit en 1974, un an avant sa légalisation en France. Enfin, avec Douce maison, c’est le viol qu’elle décrit, avec toute sa violence et ses terribles séquelles. Elle y aborde aussi la remise en cause de la parole des femmes, et le retournement de la culpabilité : « Mais elle n’est pas victime, « c’est de sa faute », dit-on. Il paraît qu’elle a fait preuve d‘un peu de coquetterie ».

Quarante ans avant #metoo, la voix d’Anne Sylvestre se déchire à la fin de la chanson lorsqu’elle implore : « Il faut que cela s’arrête ! ». Malheureusement, ces maux et ses mots demeurent d’actualité…

Dror