Abstentionniste, quand vas-tu perdre ton sang froid ?

Dans une bulle du dessin accompagnant mon texte (En route pour la Primaire populaire, Mazette n°23), notre bien aimée rédac’ chef faisait remarquer que les « gauchistes ne sont pas d’accord » pour présenter une candidature unique à la présidentielle. Les sujets de division sont nombreux, certains sont même explosifs comme la laïcité, l’énergie nucléaire ou l’adhésion à l’Union européenne. Sauf que multiplier les candidats pour occuper tous les créneaux revient à un suicide collectif ! Et à qui profitera le crime ?

Voilà ce qui devrait nous alarmer et nous rassembler : la droite ne connait pas de désaccords aussi profonds. En 2022, les gagnants de la globalisation économique et les vieux bourgeois sont sûrs de voter, à droite toute, pour conserver leurs privilèges. Leurs candidats devisent uniquement sur les quotas d’immigrés et de fonctionnaires à virer. Ce sera le même logiciel macroniste, un peu plus capitaliste avec Macron 2 / Les Républicains, un peu plus sécuritaire avec Zemmour / Le Pen.

Alors, quel est leur programme ? La lutte des classes, avec des riches qui vont s’en mettre plein les poches au détriment des conditions de vie des ouvriers et des précaires (généralement des jeunes, des femmes et des petits retraités).

Il faut hurler dans les oreilles des abstentionnistes : BOUGEZ VOUS LE CUL ! Votre sécurité sociale, votre retraite et vos 35 heures hebdomadaires ne vont pas se défendre toutes seules. Soyez déterminés à voter non pas POUR X candidat de gauche, mais CONTRE la droite qui veut vous marcher sur la gueule. Vous êtes la clé du scrutin et notre ultime espoir. Je l’ai déjà dit (Ras le front, Mazette n°19) : si les 22% d’abstentionnistes de 2017 avaient voté, Macron n’aurait pas été au pouvoir. Alors, faites en sorte qu’il n’y soit plus en 2022.

Ça y est, vous êtes chaud bouillant ? Comment ? À quoi bon voter, puisque les partis de gauche ne sont pas foutus de s’entendre ? Combien de temps va-t-on perdre alors que les candidats présélectionnés n’ont que jusqu’au 30 novembre pour confirmer leur participation à la Primaire populaire ? Combien de pognon va être gaspillé dans des campagnes inutiles ? Encore combien de sondages catastrophiques leur faut-il, en plus de toutes les élections perdues depuis 2017 ? Personne ne leur dit : « Bande de connards mégalos, vous le voyez pas, le mur ?! ». 

gauche

Mais… Me tapez pas dessus ! Tout ce que je sais, c’est que les candidats de gauche ont les yeux rivés sur les sondages. Même Mélenchon l’obtus a pour la première fois évoqué son abandon : « Si Sandrine Rousseau m’était passée devant dans les sondages, je me serai rallié à elle. » (28 octobre). Quand à Jadot, il a été le premier à admettre ce qu’il faudrait faire pour, au minimum, limiter les dégâts : «  Notre responsabilité historique, c’est de dépasser nos différences. Si nous y allons divisés, nous n’avons aucune chance de gagner. […] Il nous faut une candidature unique. […] Ce dont nous avons besoin, c’est d’un processus de désignation. » (29 mars). Vous l’avez, ce processus. Ne ratez pas le train de la Primaire populaire.

Le Marteau

Narration : Félix Lobo