Les français pour la peine  de mort

Selon une étude commandée par Le Monde, 55 % des français seraient favorables au retour de la peine de mort. 55 % des français n’ont donc pas compris l’esprit de la justice.

Le but de la justice n’est pas de punir mais de dissuader. Il est aussi de protéger le citoyen en enfermant des personnes dangereuses.

Si le but de la justice était de punir, nous en serions encore à la loi du Talion, c’est-à-dire à « œil pour œil, dent pour dent. » Mais, même si nous appliquons la loi du Talion, nous ne pourrions y parvenir. Pourquoi ? Parce qu’une peine appliquée par une société n’a jamais la même signification qu’un crime imposé par un individu. Une décapitation appliquée froidement par une administration judiciaire banalise par sa dimension officielle l’acte de meurtre alors qu’un assassinat perpétré par un individu perturbé, de par son caractère accidentel et exceptionnel, pointe au contraire le scandale du meurtre. La mort organisée socialement sera toujours pire que la mort provoquée par une situation de crise individuelle. Il est donc impossible d’envisager une quelconque symétrie entre la peine de mort et le crime d’un individu.

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De nombreuses études ont démontré l’absence de caractère dissuasif de la peine de mort. De plus, son irréversibilité empêche toute réparation en cas d’erreurs judiciaires. D’autres études ont montré que ces erreurs judiciaires ont été nombreuses aux États-Unis.

Globalement, quels sont les facteurs de la délinquance ? Est-ce la pauvreté ? Une étude statistique a montré que la pauvreté n’était pas un facteur d’augmentation des crimes. La véritable cause, ce sont les inégalités. Ainsi, si tout le monde est pauvre, comme dans de nombreux pays, il n’y a pas un excès de délinquance. En revanche, dans les pays à forte inégalité de revenus, la délinquance explose. Les États-Unis en sont un exemple. C’est facile à comprendre : la comparaison crée un sentiment d’humiliation et de frustration.

La solution est donc lumineuse : c’est le partage. Il faudrait maintenant faire un sondage pour voir combien de français accepteraient un meilleur partage des richesses.

Enfin, j’invite les français pour la peine de mort à tirer eux-même sur la corde de la guillotine. Est-ce que 55 % seraient prêts à le faire ?

Heureusement, l’abolition de la peine de mort est inscrite dans la constitution.

Personnellement, je préfère vivre dans un pays où il y a des assassins qu’un pays qui pratique la peine de mort. C’est quand même plus humain.

Jean-Luc Coudray

Narration : Félix Lobo